BlogoFlip - Philippe Maladjian

Péripéties bucoliques d'un administrateur systèmes au royaume de la virtualisation, du stockage et accessoirement photographe à ses heures perdues

BlogoFlip - Philippe Maladjian

Péripéties bucoliques d'un administrateur systèmes au royaume de la virtualisation, du stockage et accessoirement photographe à ses heures perdues

22
décembre 2013

Droit de mourir

Rédigé par  2 commentaires   Mis à jour le  22/12/2013

En cette fin d'année 2013 je fais le point sur un évenement que ma famille a vécu, le décès de ma mère. Elle s'est battu pendant plusieurs années contre un cancer qui aura eu malheureusement raison d'elle. Le départ d'une personne aussi proche et aussi importante est déchirant, ravageur... Tout ce que vous voulez mais ça marque aussi une étape dans nos vies.

Je vous épargne les phrases toute faites comme "la vie est trop courte, il faut en profiter", tout le monde est au courant ! Mais quel rapport avec le titre "Droit de mourir" alors ?

Tout au long de l'évolution de son cancer et des quelques discutions que j'ai eu avec elle, il en est ressortie un ras le bol de subir tout ces traitements parfois lourd physiquement, trop souvent lourd moralement et ce malgré les efforts de certains membres du corps médical. Je n'en veux pas aux médecins, infirmières, aides soignantes qui prennent sur eux pour accompagner les malades. J'en veux à notre société et le regard que nous avons sur la maladie et surtout la mort. Dans notre société du bien être chimique il y a une forme d'acharnement à soigner. Nous n'avons plus le droit de ne pas vouloir nous soigner, on en arrivent même à se soigner avant d'être malade. Certes ils font leur boulot mais ramener en permanence les patients à leurs maladies est le bon moyen pour les faire douter et culpabiliser. Dans le cas de maladie dont l'issue est la mort pourquoi vouloir absolument soigner ? Soigner quoi ? Ce rassurer qu'ils auront tout tenter pour ne pas qu'eux culpabilisent ? Ou pour ne pas subir les foudres de la famille qui pourraient les accuser, à tort, de n'avoir rien fait ? Peut être même les foudres de la justice à cause de ces procédures pour tenter de trouver un coupable pour payer ? Et si on demandaient aux malades ?!

Le patient est avant tout un être humain fait de chair et d'os mais aussi d'émotions, de doutes, de questionnement, d'envie et de peur. C'est à lui de décider quoi faire et une fois ce choix fait laisser le tranquil et profiter pleinement du temps qui lui reste. C'est aussi valable pour l'entourage du malade. C'est difficile à accepter mais ce n'est pas vous qui êtes malade et qui subissé la maladie !

Pour moi il n'est pas question de suicide assisté médicalement, d'euthanasie mais bien de droit de mourir. Pourquoi ne pourrions nous pas décider du "quand" de notre fin ? Au fur et à mesure de l'avancement de la maladie ma mère est devenue de moins en moins autonome jusqu'à ce retrouver totalement coincer au lit. Mes parents ont fait le choix de l'hospitalisation à domicile Je trouve l'idée pas trop mal et malgré une super organisation des personnes en charges de mettre en place les processus de soins et toilettes il reste le quotidien à gérer qui est un enfer à la fois pour le malade et pour les accompagnants. Peut être aurait elle voulu autre chose pour ça fin ? En tout cas moi je ne voudrais pas subir une telle humiliation (porter des couches, qu'on me lave et tout le reste), ni faire subir ça à mon entourage... Un peu de dignité merde !

... Presque deux mois ont passé depuis le début d'écriture de ce billet, j'étais encore trop fragile pour continuer, trop en colère qu'on m'ai enlever ma mère mais après tout c'est le processus normal de nos vies d'humains sur ce monde. Parfois j'envie ceux qui croient en la ré-incarnation ou d'une autre vie après la mort. C'est peut être un moyen de fuire la vérité pour ne pas affronter la disparition d'un être aimé.

Maintenant que je suis plus posé pourquoi le droit de mourir ? J'ai longuement réfléchi à la question sans vraiment trouver de réponse, peut être qu'il n'y en a pas. Ce week-end j'ai assisté à une manif contre l'IVG, pourquoi pas c'est leur droit mais je suppose que ces personnes n'ont pas eu à affronter des grossesses non désiré tout comme ceux contre le droit de mourir n'ont pas eu à affronter le parcours difficiles de la fin de vie d'un malade. Plus j'avance dans ce billet et plus je me rends compte que je tourne en rond...

Je vais peut être retourner réfléchir à la forme, mais sur le fond je suis pour et je revendique le droit de mourir !

Conseil de dernière minute : soyez honnête avec vous même et avec votre entourage. L'être humain est capable de comprendre un choix sans forcement l'accepter.

Classé dans : Personnel Mots clés : aucun

Administrateur système de métier mais surtout curieux de découvrir de nouvelles technos très orientées DIY. A mes heures perdues je fais de la photo avec toujours une petite envie d'intégrer des DIY sous forme de timelaps à base de raspberry.

2 commentaires

Jerry Wham a dit

Même si je compatis, le "droit de mourir" n'est pas une question aussi simple qu'il y parait. Le droits des malades dit que l'on a le droit de mourir dans la dignité. Et c'est ce que les équipes médicales s'efforcent de faire, malgré les apparences.

Même si l'on peut croire à de l'acharnement thérapeutique, ne pas donner de traitement peut être pire que d'en donner et être source de souffrance, physique et psychique pour le patient en fin de vie.

Un formulaire de commentaire n'est pas forcément le cadre adapté à un tel débat et même si je comprends ta colère, il faut essayer de relativiser au maximum et voir quels sont les moyens dont on dispose actuellement face à de telles situations.

Bien que la médecine oncologique ait fait d'énormes progrès en l'espace de 10 ans, le chemin est encore long pour trouver les traitements et les soins optimaux.

Je te présente toutes mes condoléances et te félicite d'avoir trouvé le courage pour en parler ici.

Répondre

flipflip a dit

@Jerry Wham : Merci.

Je suis d'accord que le chemin est encore long avant de trouver le bon traitement mais justement lorsque tout à été tenté ou bien lorsque le malade n'en peut plus de subir ces traitements (qui bien souvent sont eux aussi destructeur), alors qu'on laisse le malade partir tranquillement comme et quand il le souhaite.

Répondre

Écrire un commentaire

Quelle est la deuxième lettre du mot cbozl ? :

Le droit de mourir - BlogoFlip - Philippe Maladjian - Péripéties bucoliques d'un administrateur systèmes au royaume de la virtualisation, du stockage et accessoirement photographe à ses heures perdues